La résilience des réseaux au service des territoires


L’améliorer ? C’est possible !  


Activité économique des territoires, lien social, acheminement des secours, etc. : les infrastructures et réseaux de transport constituent un maillon essentiel dans le fonctionnement résilient des territoires. Quels leviers et quels outils peuvent mobiliser les acteurs du système de mobilité pour en assurer la résilience optimale face aux aléas climatiques ? Ces phénomènes ne sont pas singuliers et chaque réseau de transport a déjà subi ou subira des perturbations de plus ou moins grande ampleur. Celles-ci peuvent prendre la forme de chocs : inondations, tempêtes, submersion par exemple, ou de perturbations lentes, comme avec l’érosion du littoral liée à l’élévation du niveau des mers. Leur anticipation est aussi délicate du fait d’incertitudes de plus en plus grandes au regard : • des effets du changement climatique qui sont susceptibles d’accroître les phénomènes météorologiques extrêmes et donc d’augmenter l’exposition des réseaux à des risques nouveaux ; • des facteurs d’origine anthropique pouvant également générer des situations complexes et contribuer à accroître les vulnérabilités : urbanisation en zones à risques, densification des flux de trafic, systèmes de transport mal adaptés, etc. Pour y faire face, il est possible de mettre en place des stratégies et des actions favorables à une meilleure résilience des réseaux de transport. Anticiper sur le long terme : la concertation garante de l’appropriation du projet de territoire Avant d’adapter un réseau routier, il est évidemment indispensable de connaître sa vulnérabilité aux aléas climatiques d’aujourd’hui et de demain. Le projet peut alors proposer une solution technique la plus résiliente face au changement climatique, dans les conditions actuelles de connaissance de l’ampleur de ces évolutions. Et pourquoi ne pas transformer cette menace que fait porter le climat sur le réseau de transport en une opportunité de se projeter collectivement dans un nouveau territoire ? De quels leviers disposent les acteurs de l’aménagement, maîtres d’ouvrage, gestionnaires, projeteurs, etc., pour favoriser l’émergence d’un projet compris, accepté, approprié et donc durable humainement ? Diagnostiquer la vulnérabilité pour mieux décider : les façades maritimes font face à un défi majeur ! Parmi tous les effets du réchauffement climatique, son impact sur le littoral, les ports et les estuaires sera particulièrement visible. Il se traduira avant tout par une forte montée du niveau marin, mais il induira aussi un changement du régime des tempêtes (changement de l’intensité et de la fréquence des tempêtes). Avant toute mesure de réduction de vulnérabilité, une démarche de résilience nécessitera d’introduire la notion de risque acceptable : quel arbitrage doit-on consentir entre la recherche de protection à tout prix et l’acceptabilité d’un certain niveau de dommage ? Mettre en place des diagnostics de vulnérabilité, permettant de prioriser les investissements est un facteur de réussite pouvant conduire à améliorer robustesse et résilience. Anticiper et se coordonner entre acteurs : une recette éprouvée Se fondant sur une analyse de vulnérabilité du système de transport et de ses composantes, les gestionnaires sont en mesure d’engager un dialogue amont avec les différents acteurs impliqués par exemple pour anticiper la venue d’une crise hivernale : institutionnels (collectivités territoriales, protection civile, établissements de santé, forces de l’ordre, etc.), économiques et issus de la société civile (élus, habitants, usagers de l’infrastructure, etc.). Cet échange permet de structurer une gouvernance appropriée et de planifier une organisation à mobiliser lors de la crise. Ces différents questionnements et enjeux seront abordés lors de la Biennale en mettant en valeur des retours d’expériences et des outils disponibles pour vous aider dans l’amélioration de la résilience des réseaux de transport et des organisations gestionnaires de ces réseaux, au bénéfice des territoires. Roland Cotte, directeur du Laboratoire de Clermont-Ferrand au Cerema