Résilience et nouvelles mobilités Que va devenir             la route ?


L’Atec, l’Idrrim, l’Ifsttar, Routes de France et TDIE ont pris l’initiative d’une démarche de réflexion collective sur les conséquences du développement des nouveaux usages de la mobilité sur l’infrastructure routière. Cette étude appelée MIRE arrive à la fin de sa première phase avec de premiers constats. La route au cœur des nouvelles mobilités 

Les discours sur les mutations et les ruptures de la mobilité routière s’enflamment. On nous annonce une mobilité totalement autonome, totalement électrique, voire décarbonée et partagée, avec un mode de possession et d’usage radicalement transformé. Mais beaucoup d’interrogations demeurent quant aux horizons possibles de déploiement, aux territoires concernés, aux types d’usagers et de consommateurs. Dans le même temps, les usages évoluent de manière significative « sous nos yeux » avec d’une part l’irruption des VTC, le développement des mobilités actives, et la mutation des modes de gestion de ces nouveaux services, et d’autre part des « distorsions territoriales » : les mutations ne se développement pas de la même manière selon les contextes : urbain, hyper-métropolitain dense, périurbain, interurbain, rural. 

Quel niveau d’adaptation des réseaux routiers et à quelle échéance ? 

Cela donne une impression d’accélération, beaucoup parlent d’une révolution de la mobilité. Un paradoxe saute cependant aux yeux : la quasi-totalité de ces nouvelles mobilités, ou pour être plus prudent, de ces nouveaux usages, se développe sur l’infrastructure routière, mais on entend justement peu parler de l’infrastructure. Dans le bruit médiatique qui accompagne les discours des acteurs industriels et nouveaux entrants de l’automobile, rien, ou presque, de la part des gestionnaires d’infrastructures. La numérisation de l’économie, ce vaste mouvement d’uberisation, qui a trouvé son nom dans l’économie du transport urbain, remet-il en cause la place de l’infrastructure dans l’organisation des mobilités ? L’infrastructure routière devra-t-elle s’adapter, son rôle va-t-il substantiellement évoluer, et ce à quelle échéance ? 

Ainsi, la priorité aux « transports du quotidien » s’accompagne d’une prise de conscience de la nécessité d’entretenir, régénérer et moderniser les réseaux existants. D’où la problématique de savoir si le développement des nouvelles mobilités et des nouveaux usages aura des conséquences significatives sur ce mouvement de modernisation des infrastructures. 

L’Étude MIRE a formulé différents constats et souhaite les faire partager 

L’Étude MIRE (impact de la révolution des usages de la mobilité sur les infrastructures routières et leurs équipements) constitue un travail collectif qui rassemble Atec, Idrrim, Ifsttar, Routes de France et TDIE, plusieurs acteurs concernés avec des préoccupations et des points de vue différents sur l’objet mobilité ou infrastructure routière. Une session à l’occasion de la biennale des territoires rassemblera élus, représentants de la communauté professionnelle et experts pour échanger autour de ces premiers constats et formuler des pistes d’action pour la suite de l’étude… Rendez-vous du 18 au 20 mars aux Biennales des territoires pour en savoir plus sur ce sujet, et d’autres encore ! 

Nicolas Hautière 
Directeur-adjoint du département COSYS (Composants et systèmes), IFSTTAR