Tribune

Pierre Jarlier

Vice-président de l'Association des maires de France Président du Conseil d'administration du Cerema
Les infrastructures de transport sont aujourd’hui revenues au cœur des préoccupations, notamment au regard des évènements que la France mais aussi l’Europe ont connus ces derniers temps : effondrement du pont de Gênes ou fermeture du viaduc de Gennevilliers l’été dernier, pluies diluviennes et inondations à répétition, épisodes neigeux… Dans le même temps, les territoires sont confrontés à des budgets de plus en plus contraints pour répondre à l’urgence locale, alors même qu’ils doivent aussi faire face aux nouveaux défis du développement durable et aux nouvelles attentes de notre société. Les infrastructures de transport constituent un maillon indispensable à la vie quotidienne des usagers mais aussi à un aménagement équilibré des territoires. Aussi leur rôle essentiel les rend incontournables alors que ces événements récents mettent en lumière leur vulnérabilité. Pour qu’un territoire soit résilient, les infrastructures de transport dont il dispose doivent donc faire l’objet d’une attention toute particulière. Dans ce contexte, il est important aujourd’hui d’élargir ce concept de résilience. Bien évidemment il faut prendre en compte l’anticipation et la gestion des crises, notamment liées au changement climatique, ainsi que les phases post-crises dans la gestion des infrastructures de transport. Mais celles-ci sont construites pour 50 à 200 ans selon leur typologie. Deux autres visions se doivent donc d’être intégrées dans leur gestion. D’abord bien sûr celle du moyen terme, liée à leur dégradation inéluctable, qu’il faut anticiper et maitriser. Mais aussi celle de leur adaptabilité aux nouveaux enjeux des mobilités et aux nouveaux usages, notamment avec l’arrivée du numérique dans le quotidien de chacun, face aux évolutions démographiques, sociologiques et économiques. Tous ces sujets constituent des préoccupations majeures pour les collectivités territoriales, qui doivent être en capacité de hiérarchiser leurs investissements pour prendre en compte tous ces enjeux, au premier rang desquels figure la sécurité, et ainsi mieux anticiper leur intervention en tenant compte de leurs contraintes budgétaires. Ces problématiques sont au cœur des actions du Cerema, qui travaille en collaboration étroite avec les associations d’élus, pour bâtir des modalités d’intervention adaptées aux besoins des élus locaux. La Biennale des territoires sera l’occasion pour les acteurs et les décideurs des territoires d’échanger et de construire collectivement des réponses concrètes aux évolutions actuelles et aux défis de demain. Retrouvez-nous nombreux les 18, 19 et 20 mars au Beffroi de Montrouge !